Groupe Michel

Le Groupe Michel est une «PME familiale», comme aime à le rappeler Matthieu Durand. Ce dernier, DRH du Groupe, a professionnalisé les pratiques RH grâce à la mise en place d’une démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC). Dans le prolongement de cet ambitieux projet, le GNFA a réalisé un diagnostic des compétences.

Entretien avec Matthieu Durand

Qu’est-ce qui a motivé votre démarche de GPEC ?

Notre démarche a été initiée en 2008. Il s’agissait de préparer la transition entre Monsieur Michel père et son fils Stéphane. Cette transition nous a permis de nous interroger sur nos compétences, notre stratégie, nos valeurs, sur la direction que nous souhaitions donner au groupe. Nous avions également la volonté d’accompagner notre développement en matière de compétences avec des outils RH et GPEC adaptés.

Quelle est votre ambition ?

La stratégie du Groupe était un postulat essentiel à la mise en œuvre d’un projet tel que celui-ci. Notre ambition aujourd’hui, est de devenir le distributeur de référence au service des marques. Quelles que soient les marques. Pour atteindre cet objectif, nous nous appuyons sur des valeurs qui font l’ADN de notre groupe : agilité, dynamisme et notoriété.

Matthieu Durand, DRH du Groupe Michel et Leïla Pelletier, Conseillère de formation GNFA pour la région Poitou-Charentes

Qu’entendez-vous par agilité ?

Le corollaire, c’est une facilité d’adaptation vis-à-vis du marché et de la clientèle. On peut également parler d’adaptation aux nouveaux modes de commercialisation avec la digitalisation des rapports commerciaux notamment.

Quels objectifs poursuivez-vous ?

La vocation de notre projet de GPEC est de développer et d’améliorer notre professionnalisme en matière de relation client- fournisseur, qu’elle soit externe ou interne. Le programme inclut tous ceux qui sont en lien avec un client externe, les vendeurs, les réceptionnaires, l’accueil, le standard, le guichet PR, les metteurs en main, les services minute ou chrono. Mais aussi les collaborateurs transversaux en lien avec un client interne comme les comptables par exemple.

Pourquoi faire appel au GNFA ?

Nous travaillons avec Leïla PELLETIER, notre conseillère en formation régionale depuis 2009. Nous avons établi des relations de confiance. De notre collaboration est née la mise en place de notre GPEC. Pour nous, le GNFA est un facilitateur.
Sa contribution a grandement participé à l’élaboration du projet et son déploiement. Il a réalisé toute la partie conseil et ingénierie de formation évidemment, mais aussi en ce qui concerne le financement, nous a aidé dans nos échanges avec l’ANFA.

Pourquoi réaliser un diagnostic des compétences ?

Dans le prolongement de notre démarche GPEC, il fallait affiner et faire un focus sur les potentialités de rentabilité pour nos activités VO, atelier et réception.

Ne fait-il pas doublon avec votre démarche de GPEC ?

Le diagnostic de compétences est un outil de la GPEC. Il nous a permis de mener une réflexion sur les métiers cibles, les métiers en devenir et les métiers à risques.


Quels sont les métiers cibles ?

Ce sont ceux qui présentent des marges de manœuvre commerciales sous-exploitées et où les opportunités de développer du chiffre d’affaires et de la rentabilité sont énormes. C’est le cas pour les métiers de la réception, du VO et de l’atelier. On a vu en l’espace de 10 ans, un effet ciseau avec la chute de la rentabilité commerciale et l’augmentation de la rentabilité atelier. Il faut en tirer les conséquences. La rentabilité de demain, c’est le VO et l’atelier. Le projet a concerné quarante collaborateurs. 30 réceptionnaires, 5 chefs de service VO et 5 chefs d’atelier.

En quoi consiste le diagnostic ?

Pour les réceptionnaires, il s’agit d’audits de compétences, avec des assessments, des mises en situation et des entretiens individuels. Pour le VO et l’atelier, les audits ont porté sur les activités, avec de l’observation in-situ ainsi que des entretiens avec le chef de service. L’objectif était de mesurer l’adéquation entre les besoins et les ressources, entre les compétences attendues et celles que nous essayons de promouvoir en termes d’accueil client.

Comment s’est-il déroulé ?

Le diagnostic s’est fait sur le terrain. Les consultants du GNFA ont fait le tour de nos concessions pour rencontrer les collaborateurs ciblés, après prise de rendez-vous et planification.

Sur quelle échéance ?

Nous avons commencé en janvier avec la réunion de lancement. Le premier diagnostic a eu lieu le 25 février. Il nous a fallu 6 mois pour mener le projet à son terme. La planification des interviews devait s’agencer correctement avec l’activité du groupe et les actions de GPEC.

Qui a réalisé le diagnostic ?

Ce sont les mêmes consultants du GNFA qui ont travaillé sur les actions de GPEC et qui ont réalisé le diagnostic. De fait, ils avaient au préalable une connaissance du Groupe et des collaborateurs ciblés. C’est un facteur facilitant qui a permis de désamorcer les éventuelles inquiétudes liées aux assessments.

Il s’est donc déroulé dans un climat de confiance ?

Honnêtement, le diagnostic a été très bien vécu par nos équipes. Le professionnalisme du GNFA y a fortement contribué. Ils ont une équipe du tonnerre ! Les compétences des consultants sont reconnues et appréciées de tous.

Quels sont les résultats ?

Nous n’avons à ce jour qu’une photographie. Néanmoins, 60 à 70% des observations confirment ce que nous devinions déjà. Mais quand c’est une ressource externe qui les formalise, elles prennent plus de sens et nous poussent à réagir.

Et comment réagissez-vous ?

Avec des outils. Nous sommes dans une phase de changement organisationnel avec la mise en place depuis le 1er janvier  d’une nouvelle réorganisation hiérarchique et un service « Normes et Méthodes ».
Sa mission est d’objectiver un certain nombre d’indicateurs et de données.
Nous voulons professionnaliser aussi nos process, et pas uniquement nos pratiques « métiers ».

Avez-vous un exemple ?

Pour l’activité atelier, nous travaillons sur les modes de gestion. Nous recherchons les sources de productivité et les imputations d’activité qui nous permettraient d’avoir plus de clairvoyance sur l’activité et ensuite organiser le travail en conséquence.

Que comptez-vous faire après ce diagnostic ?

Nous avons programmé une restitution générale qui sera croisée avec notre stratégie d’entreprise. Les résultats seront intégrés au programme de GPEC. La première phase concerne 370 salariés. En 2015, notre GPEC phase 1 se terminera. Nous nous appuierons sur les résultats du Diagnostic RH, pour entamer une seconde phase, afin d’entériner notre démarche et d’ancrer à long terme les valeurs de notre groupe : L’Agilité, le Dynamisme et la Notoriété.

Le groupe Michel en quelques chiffres

  • Créé au début des années 90
  • 525 collaborateurs
  • 7 313 VN / 6 743 VO
  • 240 634 K€ de CA
  • 13 concessions sur la région Poitou-Charentes
  • 3 marques représentées : Renault  / Dacia / Citroën